Chaque année, des dizaines d’enfants bruxellois se retrouvent sans école faute de places en suffisance.

Entrée en vigueur en 2018, la zone de basses émissions a fait l’objet d’une première évaluation sous la forme d’un rapport publié en Mai 2019. Le bilan des mesures d’accompagnement mises en place sont loin de rencontrer les besoins spécifiques des différents profils socio-économiques des Bruxellois. 19.000 véhicules ont reçu une interdiction de rouler en 2019, avec le durcissement des critères d’interdiction, elle concerne désormais 47.000 véhicules supplémentaires depuis le 1er janvier 2020.

Anne-Charlotte d’Ursel, députée MR et présidente de la Commission Mobilité explique : « Nous appuyons bien sûr l’objectif de lutte contre la pollution de l’air recherché par la LEZ. Mais les mesures d’accompagnement existantes : la prime LEZ, la prime Bruxell’Air et l’accès à certains parkings de transit donnent un résultat décevant ! La prime Bruxell’Air, qui existe depuis 2006, attend d’être réformée depuis 2013. Cet immobilisme est incompréhensible à l’heure où l’on demande aux citoyens des efforts toujours plus conséquents. Je déplore d’autant plus cette situation car j’avais déjà insisté, bien avant l’entrée en vigueur de la LEZ, sur la nécessité de pro- poser des mesures d’accompagnement socio-économiques crédibles et suffisantes. »

En effet, il apparaît que la prime Bruxell’Air ne connaisse pas un succès détonant. Seules 860 primes ont été accordées en 2018, ce qui est loin des 1760 dossiers soumis la première année. Comme cela fut rappelé par le Ministre chargé de la Mobilité en 2013, au moment de son évaluation : « ce mécanisme est extrêmement lourd, complexe et coûteux » et « cette prime génère un important effet d’aubaine ». La prime « Lez », quant à elle, destinée aux micro et petites entreprises, peine également à trouver son public. Entre sa mise en place en 2018 et le mois de Janvier 2020, seules 3 demandes avaient reçu un avis favorable sur les 49 demandes préalables introduites, ce pour un montant de 5.984 euros octroyé par la Région de Bruxelles-Capitale.

Anne-Charlotte d’Ursel continue : « Le Gouvernement bruxellois a d’ores et déjà annoncé son souhait de revoir le mécanisme de la prime Bruxell’Air mais n’a pas encore défini les modalités de cette réforme. Au vu de son faible succès et du fait que les publics les plus défavorisés n’étaient pas ciblés, le Groupe MR a décidé de prendre les devants en déposant une proposition de résolution. »

C’est donc avec une série de demandes très précises que le Groupe MR arrive devant le Parlement pour inviter le Gouvernement à élargir la gamme des mesures d’accompagnement. Parmi les demandes libérales : informer et sensibiliser, intégrer à la prime Bruxell’Air le choix des nouveaux types de mobilité partagée, prime à la casse de 1500 euros en cas de destruction de son véhicule, subvention de 500 euros en cas de radiation de la plaque d’immatriculation ou encore subvention en cas d’achat d’un véhicule électrique neuf.

« Nous voulons également proposer de mettre en place une dérogation temporaire sur base d’un critère d’âge et de nombre de kilomètres parcourus pour des personnes qui utilisent très peu leur véhicule. Nous demandons aussi la possibilité d’autoriser, au moyen d’une procédure simplifiée, les personnes à mobilité réduite de bénéficier d’un Pass gratuit d’un jour pour raisons médicales. Les personnes bénéficiant d’un revenu limité et connaissant des difficultés pour se déplacer pourront également demander des chèques taxis. Autant de mesures qui, à l’image de ce qui se fait dans d’autres villes, ont prouvé leur efficacité » conclut la députée qui espère pou- voir débattre de sa proposition le plus vite possible. Celle-ci rappelle enfin que Bruxelles était loin d’être pionnière quand le gouvernement a mis en place sa zone de basses émissions, plus de 200 villes européennes ayant déjà sauté le pas, parfois depuis plus de 20 ans.

« Les mesures du gouvernement Bruxellois visent à lutter contre la pollution de l’air à Bruxelles », rappelle Alexia Bertrand, Cheffe de Groupe. « Nous partageons évidemment cet objectif puisque c’est Anne-Charlotte d’Ursel qui, la première, avait proposé la zone de basse émission dès 2011. Il ne faut toutefois pas manquer la cible ! » selon la Cheffe de groupe MR. Elle ajoute : « Il y a des personnes qui utilisent tellement peu leur véhicule qu’elles ne contribuent que très marginalement à la pollution de l’air. Il y aussi des personnes à mobilité réduite qui ne savent pas se déplacer sans leur véhicule et d’autres, enfin, avec des revenus tellement limités qu’elles vont être démesurément pénalisées par ces dispositions. Quand on prend des mesures environnementales, il faut s’assurer qu’elles soient efficaces et qu’elles ne pénalisent pas démesurément les personnes à mobilité réduite ou les personnes précarisées par rapport à l’objectif recherché. Ici, le gouvernement pénalise toute une série de personnes de façon disproportionnée par rapport à l’impact marginal qu’elles représentent sur la qualité de l’air. »